HISTORIQUE DE L’ASSOCIATION SPORTIVE DE L’AUTOMOBILE CLUB DU ROUSSILLON

C’est au lendemain de la seconde Guerre Mondiale que l’Association Sportive de l’Automobile Club du Roussillon (ASACR) voit le jour, le 27 octobre 1945 exactement. Et très rapidement l’organisation d’un Grand Prix de Formule 1 est mise en place sur le circuit des Platanes, en plein cœur de ville ! Ce circuit de 2,6 km fait le tour de la Promenade des Platanes, emprunte le cours Lassus, descend vers le boulevard Jean-Bourrat et arrive boulevard Wilson. De 1946 à 1949, il voit la participation des meilleurs pilotes du moment. Quatre vainqueurs se partagent les lauriers : Jean-Pierre Wimille (Alfa Romeo), Eugène Chaboud (Talbot), Maurice Trintignant (Gordini) et le grand Jean-Manuel Fangio (Maserati) lui-même. Les vitesses augmentent, et en 1949, les voitures tournent à plus de 100 km/h de moyenne malgré les rails du tramway !!! Le budget explosant, l’ASACR est obligée de mettre un terme aux Grands Prix après quatre organisations.

  

1957 : création du 1er Rallye National du Roussillon suivi en 1958 du 1er Rallye International. En 1960, elle organise une superbe épreuve, conjointement avec le Real Automobil Club de Catalogne, le Rallye des Deux Catalognes avec un départ en alternance, soit de Perpignan, soit de Barcelone, et comptant pour le challenge Corse Catalogne et le Challenge SHELL richement doté. 1965 voit le chant du cygne de cette course, malgré un plateau exceptionnel (Willy Mairesse pilote de F1 Ferrari, Jean-François Piot, Lucien et Mauro Bianchi, oncle et grand-père du regretté Jules) et des voitures hors du commun dont des Porsche 904, une Alfa Romeo GTZ et une Ferrari 250 GTO. Une grave mésentente avec les barcelonais met fin à cette prestigieuse épreuve.

Dès 1966 c’est la reprise du Rallye du Roussillon et en 1967 Bernard Consten (futur président de la FFSA) y accumule des points précieux pour son futur titre de Champion des rallyes. Après 12 ans d’interruption, le 4ème Rallye du Roussillon renaît de ses cendres en 1979. L’ASACR le délocalise en 1989 vers Amélie-les-Bains, donnant ainsi naissance au 1er Rallye du Roussillon-Vallespir, puis Vallespir tout simplement, un rallye qui en est à sa 29ème édition.

Organisé par Jacques Régis, futur président de la FFSA, le Rallye des Garrigues Languedoc-Roussillon comptant pour le Championnat de France et d’Europe fait, de 1989 à 1991, une incursion sur les routes du Fenouillèdes et du Conflent, donnant aux Catalans l’occasion de voir un plateau exceptionnel. L’ASACR est bien entendu mise à contribution. Clin d’œil au passé : en 1991, avant la fin d’étape à Perpignan, une courte épreuve chronométrée est organisée sur quelques tours empruntant la partie haute de l’ancien circuit de Formule 1, à savoir les allées Manalt, le cours Lassus, et la descente du boulevard Jean Bourrat. Très spectaculaire !

Trois slaloms se déroulent en 1972 et 1973 à Canet-Plage, sur le parking de Canet-Sud, rencontrant un beau succès tant des participants que des spectateurs.

Dans les années 60-70, de nombreux contrôles de passage du Rallye de Monte-Carlo et du Tour Auto devant le siège de l’ACR, place de Catalogne, permettent d’approcher de belles machines et des équipages de renom.

La course de côte de Corsavy après deux éditions en 1960 et 1961 reprend de plus belle de 1966 à 1975. Elle devient LE rendez-vous incontournable du début juillet. pour cesser devant les exigences d’un riverain. A nouveau organisée il y a une dizaine d’années, elle a accueilli des véhicules historiques en régularité. Aujourd’hui en sommeil devant les exigences de sécurité toujours plus nombreuses, elle devrait réapparaître au calendrier.

Très vite, pour remplacer Corsavy, c’est vers le Fenouillèdes, contrée authentique et peu peuplée que l’ASA s’est tournée. Le tracé du col Saint-Louis, avec son célèbre « escargot », a vite fait l’unanimité. Et c’est ainsi qu’est née la course de côte de Caudiès-de-Fenouillèdes-col Saint-Louis (1976-1982). Mais la désaffection des spectateurs et le changement de municipalité ont fait comprendre à l’ASA de revoir sa copie.

Et voilà pourquoi a lieu les 10 et 11 septembre 1983, le 1er Rallye du Fenouillèdes. Le tracé est superbe : tout est centré à St. Paul de Fenouillet et comprend une seule épreuve chronométrée, mais quelle épreuve chronométrée !!!l Départ à peu près au début de la course de côte du col St. Louis, passage au pied du pic de Bugarach, retour dans les P.O. par les gorges de Galamus et fin du chrono à la sortie des gorges. Pour qui ne connaît pas Galamus, il faut y aller voir ! 34,4 km de folie à parcourir cinq fois : premier vainqueur, Jean-Pierre Ballet s’en souvient encore avec émotion.

En 1984 la même formule à la même époque est reconduite mais limitée à quatre tours. C’est à partir de 1985 que le Fenouillèdes prend sa date traditionnelle, aux alentours de fin novembre, voire début décembre. Centré à St. Paul de Fenouillet, il ne comporte toujours qu’une seule épreuve chronométrée de 33 km, départ à Ansignan, puis Trévillach, Bélesta, La Bataille, arrivée à Montner et retour à St. Paul, le tout quatre fois. Cette date qui en fait le dernier rallye de la région ainsi qu’un parcours nouveau et attractif reste un gage de succès jusqu’à aujourd’hui.

Puis, au fil des ans, le rallye prend son allure de croisière, avec successivement comme points de départ et d’arrivée, Perpignan (Palais des Congrès), Estagel, Saint-Estève, Rivesaltes (Circuit de karting) et Ille/Têt. Ille/Têt présente les avantages d’avoir un grand espace disponible en plein centre ville (le Foirail) et d’être en plein cœur d’un très riche réseau de routes intéressantes et sélectives.

Les épreuves chronométrées varient également en fonction des municipalités et des riverains. Enfin un grand changement s’effectue en 1992, date à laquelle l’épreuve se court dorénavant sur deux jours avec, compte tenu de la rapide tombée de la nuit à cette époque de l’année, des chronos nocturnes. Le nombre des participants va de 67 (1983) à 197 (record 2007). Le podium comporte des noms tels que Adell (2 victoires), Ballet, Barbe (2 victoires), Bérenguer (3 victoires), Beuron, Bruzy, Costeraste (2 victoires), Genesca 6 victoires), Guedj, Loubet (2ème), Mourgues, Raynal, Sastre (8 victoires), Vivens, Yvorra. Il est à noter que de nombreux lauréats collectionnent les podiums.

La course de côte de Font-Romeu voit le jour en 1976. Après deux tracés successifs vers les pistes de ski, c’est désormais au pied du Four Solaire pour terminer dans la station que les concurrents s’étalonnent. Elle vient de fêter brillamment sa 35ème édition.

La course de côte d’Ille-sur-Têt Les Orgues, organisée en 2016 et 2017, n’est plus reconduite en 2018 en raison de lourdes difficultés d’organisation, malgré son cadre majestueux et son beau revêtement.

Sous l’impulsion de Jean Juanola, un circuit d’Auto-Cross est créé à Elne en 1977 et ses courses (auto cross, 2CV Cross, camion cross) réunissent toujours de nombreux spectateurs et concurrents venus de la France entière plusieurs fois par an.

De 1983 à 2003, un Trial 4 x 4 est organisé à Corbère-les-Cabanes, et plus brièvement à Font-Romeu.

Et en 2013, après 68 ans d’existence, l’ASACR cède définitivement sa place à l’ASAC 66.

Jean-Pierre BOBO

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